Qu’est-ce que le surréalisme ?
Pour moi
tout est surréel
depuis que
Gala a floshé
Paul Éluard
pour Salvador Dali

Patrice Desbiens, En temps et lieux. L’Oie de Cravan, 2007.

Il serait tellement facile, avec un tel matériau, de faire des mauvais vers (d’ailleurs, les exemples abondent) qu’on reste confondu par le naturel désarmant avec lequel Patrice Desbiens, poète franco-ontarien vivant à Montréal, fait surgir la merveille ou l’étrangeté au sein de la plate réalité urbaine ou du quotidien navrant, envisagés tour à tour avec mélancolie et dérision. La petite musique de l’auteur se fait aussi agréablement entendre dans Désâmé (Sudbury, Prise de parole, 2005).


Mercredi 24 juin 2009 | Grappilles | Aucun commentaire


Corsaires et sirènes

Le Bathyscaphe a survécu à sa longue immersion dans les eaux froides de l’hiver et vient de retrouver le chemin du port de Montréal. À son bord, des textes repêchés contre vents et marées, mais aussi des images, du sexe et des jeux !


Au sommaire : Jean-Yves Bériou, Simon Bossé, Daniel Canty, Geneviève Castrée, Benoît Chaput, Byron Coley, Louis-Philippe Côté, Bérengère Cournut, Hélène Frédérick, Sarah Gilbert, Joël Gayraud, Thierry Horguelin, Morag Kidd, A.J. Kinik, Julien Lefort, Anne Marbrun, Monsieur Moulino, Thurston Moore, Hermine Ortega, Antoine Peuchmaurd, Pierre Peuchmaurd, Hannah Reinier, Pierre Rothlisberger, Alexandre Sanchez, Barthélémy Schwartz, André Stas, Valerie Webber.

Le fier équipage présentera son nouveau rapport de plongée à la librairie le Port de tête (262, av. du Mont Royal Est, Montréal), ce jeudi 11 juin à partir de 18 h 30.

Le personnel de bord de la librairie vous prouvera qu’il a le pied marin et vous attendra en salle des machines ou sur le délicieux pont arrière pour pourvoir à vos moindres besoins :

- Vins de mer rouges !
- Barbecue des boucaniers !
- Rires et barbes à rabais !

Le cocapitaine Benoît Chaput en profitera pour lancer à la mer son Carnet de neiges, qui inaugure à l’Oie de Cravan une nouvelle collection de plaquettes cousues main, «Le fer & sa rouille ».

Les plongeurs croisant dans les profondeurs du Marché de la poésie de Paris (place Saint-Supplice, 18-21 juin) pourront ramener ces trésors dans leurs filets au stand de l’Oie de Cravan.


L’équipage du Bathyscaphe. À droite, le capitaine Chaput.


Lundi 8 juin 2009 | Actuelles | 2 commentaires


Les temps difficiles

Il y a une vingtaine d’années, je me trouvais à Berlin, où les fortunes de l’existence m’avaient conduit. L’Allemagne traversait alors une crise économique, et moi aussi.

Henri Calet, Poussières de la route. Le Dilettante.


Lundi 25 mai 2009 | Grappilles | 2 commentaires


Apocryphe dans le métro

« Zut ! j’ai loupé ma correspondance ! » (Madame de Sévigné.)

« Tout le monde descend ! » (Charles Darwin.)

Alexandre Breffort


Mardi 19 mai 2009 | Grappilles | Aucun commentaire


Autre tour de force

Transmis par Charles Tatum que je remercie, un square poem généralement attribué à Lewis Carroll, qui peut se lire à l’horizontale aussi bien qu’en acrostiche.

En fouillant un peu pour en savoir plus, je suis tombé sur ceci :

« One of Carroll’s most remarkable poems, if indeed he wrote it, was first published by Trevor Wakefield in his Lewis Carroll Circular, N° 2 (November 1974). The poem is quoted in a letter to The Daily Express (January 1, 1964) by a writer who tells of a privately printed book titled Memoirs of Lady Ure. Lady Ure, it seems, quoted the square poem as one that Carroll wrote for her brother. Wakefield says that no one has yet located a copy of Lady Ure’s Memoirs, but whether this is still true, I do not know. » (Martin Gardner, The Universe in a Handkerchief. Lewis Carroll’s Mathematical Recreations, Games, Puzzles and Word Plays. Springer, 1996.)

La prudence de Gardner plaide pour son sérieux. Mais peut-être l’attribution à Carroll a-t-elle été depuis confirmée ou infirmée avec certitude ? Tout complément d’information sera bienvenu.




Zoologie


Valery Larbaud et l’hippopotame du jardin zoologique de Lisbonne (1926)


Samedi 16 mai 2009 | Grappilles | 4 commentaires


Queneau-san

L’enveloppe est tombée dans la boîte aux lettres en faisant « floc ». Un livre, à l’évidence, mais pas celui que j’attendais ces jours-ci. J’ai déballé le papier cadeau, de plus en plus intrigué ; et j’ai ouvert des yeux tout ronds, j’en suis resté baba. Informés d’une de mes manies qu’ils ont déjà contribué à entretenir, G et S, de passage à Tokyo, ont eu la délicate attention d’y acquérir pour moi l’édition japonaise des Exercices de style. Exemplaire relié sous jaquette, impression en deux couleurs d’une extraordinaire finesse sur papier ivoire couché, avec deux planches hors-texte et quelques fantaisies typographiques, si discrètes qu’on ne les remarque qu’au second coup d’œil : une superbe réalisation éditoriale, d’une élégance parfaite. Et cet exemplaire, l’employé de la librairie Kinokuniya n’a pas manqué de l’envelopper avec soin sous une liseuse – suivant une habitude disparue ici mais qui a toujours cours là-bas. Mon fétichisme est comblé. Encore merci aux deux oiseaux voyageurs pour ce magnifique cadeau.


Vendredi 15 mai 2009 | Monomanies | 4 commentaires