Autre chose

Le début de cet article de Gérard Legrand sur l’Effrontée de Claude Miller (Positif, janvier 1986), je ne l’ai jamais oublié.
Outre qu’il résume ce que devrait être l’activité critique — tâcher d’apporter des éléments d’analyse originaux plutôt que de répéter ce qu’ont déjà écrit ses confrères —, j’y repense toujours en période de « crise ». Essayons s’il vous plaît de parler d’autre chose.


Mercredi 18 mars 2020 | Actuelles | Aucun commentaire


D’autre part (6)


En couverture, détail d’une photo d’Antoine Peuchmaurd

Sur le site de l’éditeur.


Samedi 15 février 2020 | Actuelles | Aucun commentaire


D’autre part (5)


En couverture, carbone d’Anne Marie Finné

Sur le site de l’éditeur.


Mardi 15 octobre 2019 | Actuelles | Aucun commentaire


Rentrée

Cinq cent vingt-quatre romans seront déversés cet automne sur les tables des librairies. L’emploi l’un pour l’autre des mots « écrivain » et « romancier », fréquent jusque sur les ondes de chaînes culturelles bien connues, les équivalences « littérature = roman (et rien d’autre) », « écrivain = romancier (et rien d’autre) » sont somme toute des événements récents dans l’histoire de la littérature. Ils ont de quoi agacer un brin. Je repense souvent à cette phrase de Michel Deguy dans le Comité, s’énervant contre l’avalanche des romans-de-la-rentrée : « Le roman français fait oublier la prose française. » C’est un fait.

On pourrait, presque sans provocation, composer une histoire de la littérature française (hors poésie) qui ne compterait aucun roman. On y trouverait les essais de Montaigne, les mémoires du cardinal de Retz, les caractères de La Bruyère, les lettres de Mme de Sévigné, les mémoires de Saint-Simon, les maximes et portraits de Chamfort, Monsieur Nicolas de Restif de la Bretonne, les salons de Diderot, les écrits autobiographiques de Stendhal, les Choses vues de Hugo, les écrits esthétiques de Baudelaire, la correspondance de Flaubert, les proses de Marcel Schwob, la correspondance de Pierre Louÿs, les Noctambulismes de Tinan, les Spéculations de Jarry, les nouvelles en trois lignes de Fénéon, Équipée de Segalen, les promenades de Fargue, les mélanges de Larbaud, les essais de Valéry, les récits, les chroniques et le Journal de Léautaud, les souvenirs de Colette et de Cocteau, Nadja de Breton et tant d’autres de ses proses, les carnets et les Lettrines de Gracq, la Règle du jeu de Leiris, les essais de Paulhan et de Mandiargues, les chroniques de Vialatte et de Calet, les feuilletons de Bernard Frank, les promenades de Jacques Réda, le Panégyrique de Guy Debord… J’en passe et j’en oublie. Je donne la Princesse de Clèves contre les Souvenirs de Mme de Caylus. Les romans de Montherlant ont toute chance d’être illisibles (je n’irai pas vérifier) tandis que ses carnets sont une excellente surprise.

Parmi les écrivains français contemporains, j’apprécie les essais et les essais-récits de Patrick Mauriès, les « tentatives d’épuisement » de Thomas Clerc (Petit Musée du XXIe siècle, Intérieur), les essais de Didier Blonde (ses excellents romans, Faire le mort et le Figurant, m’intéressent dans la mesure même où l’affabulation s’y greffe sur des faits authentiques d’une manière qui les rend inclassables). Je préfère les « non-fictions » d’Emmanuel Carrère à ses fictions. Les récits et reportages à la première personne de Jean Rolin sont globalement supérieurs à ses romans. La trilogie biographique de Jean Echenoz (Courir, Des éclairs et surtout Ravel) est meilleure que ses romans-romans récents. Les romans d’Alain Fleischer me tombent des mains (je m’en excuse) mais le Carnet d’adresses est une merveille. Les romans de Jacques Roubaud ne m’excitent guère (j’en suis navré) mais la singulière entreprise autobiographique du Grand Incendie de Londres est captivante. Et ainsi de suite. N’est-ce pas dans les écrits « hors genre » qu’il faut trouver le meilleur de la littérature française ? Les grands romans français, au fond, ne sont-ils pas de magnifiques exceptions ?


Lundi 26 août 2019 | Actuelles | 2 commentaires


D’autre part (4)


En couverture, détail d’un collage de Gérard Legrand

Sur le site de l’éditeur.


Mardi 20 novembre 2018 | Actuelles | Aucun commentaire


D’autre part (3)

Sur le site de l’éditeur.


Samedi 20 octobre 2018 | Actuelles | Aucun commentaire


Rentrée


Livres Hebdo, 28 août 2018

 

On évalue à cent millions le nombre de livres pilonnés chaque année en France. Si le pilon disparaissait pendant un demi-siècle, cinq milliards de livres supplémentaires obstrueraient l’espace français. Et l’espace mondial, pendant le même temps ? Quel serait sur lui l’effet d’une centaine de milliards de livres ? Cette perspective asphyxiante me rend le pilonnage sympathique, y compris celui de mes livres.

Jean-Pierre Issenhuth, Chemin de sable. Carnet 2007-2009.
Fides, 2010.


Samedi 1 septembre 2018 | Actuelles, Grappilles | Aucun commentaire