La poésie ce matin (18)

Car, à cet instant, tu le pressens,
La réalité n’est pas achevée,
Pas encore construite, et demande à l’être comme l’est
Un fruit ouvert, dont on peut goûter la saveur, connaître
Le plaisir ; au fond, tout n’attend de toi
Qu’une seule chose : que tu lui livres en toi
Ce passage charnel
Vers sa plus intime légèreté, son être musical ;

Ligne après ligne, tu t’achemines
Vers ce nouage lumineux
Qui fait de ton corps autre chose qu’un corps :
Une sorte de tranchée vive dans le silence des pierres,
Un jardin où rien ne prend racine mais où éclot
La fleur du moindre souffle ;
Tu laisseras, bien sûr, à la lumière le soin du dernier mot,
Et à l’amour celui d’ouvrir les vannes de la nuit.

Christian Monginot, le Miroir des solitudes.
L’Herbe qui tremble, 2014.


Mardi 16 décembre 2014 | La poésie ce matin |

Pas de commentaire
Laisser un commentaire



(requis)

(requis, ne sera pas affiché et restera top secret)