Faux et usage de faux
Éprise d’images et d’objets rares, de choses anglaises et de recoins secrets, Florizelle anime un des blogs les plus enchanteurs de la toile, le Divan fumoir bohémien. La constance avec laquelle elle découvre des trésors émerveille. Elle lève ici un coin du voile sur l’étonnante histoire des (fausses) valises de Frida Kahlo, qui ne manquera pas d’appâter les amateurs de mystifications de haut vol, dont nous sommes. La fabrication d’archives personnelles étant un sujet diablement fascinant, on lira avec un égal intérêt, toujours sous la plume de Florizelle, l’histoire des lettres d’amour du major Martin. Cet espion qui n’existait pas apparaît comme la version historique du Kaplan de la Mort aux trousses.

Vous êtes ici
J’éprouve une vive admiration pour les concepteurs de certains jeux de société ; pour le type particulier d’intelligence, à la fois astucieuse et tordue, nécessaire à la mise au point de jeux aussi originaux que Mr Jack ou Intrigues à Venise (jeu d’enquête en équipes où l’on ne connaît pas l’identité de son partenaire… pensez-y deux minutes). Ou encore ce Destination Trésor dont je guettais depuis longtemps l’apparition sur eBay, où je viens de l’acquérir pour la somme faramineuse de deux euros. J’emprunte le résumé de la situation de départ à Bruno Faidutti :
« Destination Trésor est un jeu d’exploration et de déduction. Vous avez été parachuté sur une île, vous avez une carte, mais vous ignorez où, précisément, vous vous trouvez. Votre adversaire, lui, sait où vous êtes… mais ignore où il se trouve. »
Stevenson rencontre Borges… N’est-ce pas magnifique ? On dirait le scénario d’un film de Ruiz de la grande époque.

Rentrée
J’aime le travail. Il m’intéresse, il me fascine. Je puis rester des heures à le contempler. J’imagine tant sa présence que l’idée de me débarrasser de lui me brise le cœur. On ne pourrait me donner trop de choses à faire. Amasser du travail est devenu pour moi presque une passion. Mon bureau en est si rempli qu’à peine s’il reste assez de place pour en accueillir davantage. Si cela continue, je vais être obligé de faire agrandir ma maison.
De mon travail j’ai le plus grand soin. J’en ai là, près de moi, depuis des années, et je vous défie d’y apercevoir seulement la trace d’un doigt. Mon travail ! J’en ai la fierté. De temps en temps, je le prends et je l’époussette. Je suis certain que personne n’entretient son travail dans un état de meilleure conservation que je ne fais.
Jerome K. Jerome, Trois hommes dans un bateau
Les temps difficiles
Il y a une vingtaine d’années, je me trouvais à Berlin, où les fortunes de l’existence m’avaient conduit. L’Allemagne traversait alors une crise économique, et moi aussi.
Henri Calet, Poussières de la route. Le Dilettante.
Apocryphe dans le métro
« Zut ! j’ai loupé ma correspondance ! » (Madame de Sévigné.)
« Tout le monde descend ! » (Charles Darwin.)
Alexandre Breffort
Autre tour de force

Transmis par Charles Tatum que je remercie, un square poem généralement attribué à Lewis Carroll, qui peut se lire à l’horizontale aussi bien qu’en acrostiche.
En fouillant un peu pour en savoir plus, je suis tombé sur ceci :
« One of Carroll’s most remarkable poems, if indeed he wrote it, was first published by Trevor Wakefield in his Lewis Carroll Circular, N° 2 (November 1974). The poem is quoted in a letter to The Daily Express (January 1, 1964) by a writer who tells of a privately printed book titled Memoirs of Lady Ure. Lady Ure, it seems, quoted the square poem as one that Carroll wrote for her brother. Wakefield says that no one has yet located a copy of Lady Ure’s Memoirs, but whether this is still true, I do not know. » (Martin Gardner, The Universe in a Handkerchief. Lewis Carroll’s Mathematical Recreations, Games, Puzzles and Word Plays. Springer, 1996.)
La prudence de Gardner plaide pour son sérieux. Mais peut-être l’attribution à Carroll a-t-elle été depuis confirmée ou infirmée avec certitude ? Tout complément d’information sera bienvenu.
Zoologie

Valery Larbaud et l’hippopotame du jardin zoologique de Lisbonne (1926)