Queneau en musique

Une curiosité : le livret de Loin de Rueil, comédie musicale de Maurice Jarre et Roger Pillaudin d’après le roman de Raymond Queneau. Produite par le Théâtre national populaire, la pièce fut créée au Palais de Chaillot le 14 mars 1961. Parmi les interprètes, Jean Rochefort, Rosy Varte, Charles Denner, Nicole Croisille et Jean-Marie Proslier.

Cerise sur le gâteau, l’exemplaire trouvé ce matin comporte diverses truffes : le programme du spectacle (dans un joli petit format de 10,5 x 13,5 cm) et deux papillons.






Répétition de Loin de Rueil, mars 1961. De gauche à droite, Roger Pillaudin, Raymond Queneau,
Janine et Jean Vilar. Photo : René Saint-Paul.


Vendredi 15 avril 2016 | À la brocante | Aucun commentaire


Collection de tours Saint-Jacques

La tour Saint-Jacques, monument entre tous chargé de magnétisme, à quelque heure du jour ou de la nuit qu’on le rencontre, je ne peux m’empêcher d’en accumuler les images comme autant de talismans : cartes postales anciennes, gravures du XIXe siècle patiemment rehaussées de couleurs, aquarelles pour touristes des années 1960 qui ont fini par acquérir un certain charme.





Vendredi 26 février 2016 | À la brocante | Aucun commentaire


Jean Luypaert

Petit coup de foudre ce matin à la brocante. La lumière, la « poésie muette des choses » et l’effet de temps suspendu propres à tant de natures mortes, l’équilibre de la composition, la bouteille quasi morandienne, la facture — j’aime les tableaux qui ont de la « matière », où l’on sent le coup du pinceau : tout m’a mystérieusement attiré dans cette toile et je n’ai pas résisté.

Une recherche en ligne m’a permis de réunir quelques renseignements sur le peintre. Jean Luypaert (Vilvorde, 1893 — Ostende, 1954) est l’un de ces petits maîtres que les catalogues de vente rangent indistinctement sous l’appellation vague d’« école de Belgique ». Enseignant de profession, il se forme parallèlement à l’académie de Bruxelles. En 1918, avec trois amis peintres, il fonde un cercle artistique à Vilvorde où il exposera régulièrement. Il peint des paysages et des marines — dont il emprunte les motifs à la campagne et à la côte flamandes —, des intérieurs et des natures mortes. Après sa retraite, il s’établit à Coxyde où il installe son atelier dans un ancien moulin. Il séjourne et peint également en Provence. Une exposition rétrospective de son œuvre a été organisée un an après sa mort à la Maison des arts de Schaerbeek.


Vendredi 8 janvier 2016 | À la brocante | 1 commentaire


L’objet aimé


Un escalier de bibliothèque, enfin !


Vendredi 18 décembre 2015 | Bibliothèques, À la brocante | Aucun commentaire


Serre-livres



Serre-livres en forme de globes terrestres


Vendredi 27 novembre 2015 | Bibliothèques, À la brocante | Aucun commentaire


Monsieur Lechat

Léger frisson en tombant à la brocante sur un lot de « Petite Planète ». Se pourrait-il qu’il s’y trouve ? Ouiii ! Le voici : Italie de Paul Lechat, pseudonyme sous lequel se cache nul autre que Chris Marker, fondateur et directeur de la collection. Le livre a paru en 1964. En couverture, la sublime Lucia Bosè.


Dès les premières lignes, on reconnaît la voix, le ton, le phrasé de Marker. Ce pourrait être le commentaire off d’un film qu’il n’a pas tourné.


Vendredi 6 novembre 2015 | À la brocante | 4 commentaires


Stendhal, rêves de théâtre


Trouvés à la brocante à un euro pièce, ces trois petits volumes de Théâtre — procurés au Divan en 1931 par Henri Martineau — sont une rareté pour complétiste acharné. Ils constituent aussi un document précieux sur les années de formation de Stendhal, qui vous donne l’impression d’entrer par la petite porte dans l’atelier du créateur. (Plutôt que l’atelier, on devrait dire : la salle des machines. Ça turbine à plein régime là-dedans.)

De dix-huit à trente ans, Stendhal se rêva une grande carrière dramatique en nourrissant l’ambition de devenir rien de moins que le nouveau Molière. Son journal nous le montre fréquentant assidument les théâtres, commentant de manière acérée les pièces auxquelles il assiste, étudiant plume à la main les grands maîtres du genre, ébauchant des canevas, réfléchissant sans cesse aux ressorts de la dramaturgie, avec un intérêt tout particulier pour la construction du personnage et la comédie de caractères.

Aucun de ces projets ne fut mené à terme. Aussi bien, ce qu’avait réuni dans ces trois volumes l’infatigable Martineau, c’est, outre un certain nombre de pièces inachevées, une masse colossale de travaux préparatoires : fragments de scènes, plans, ébauches, scénarios et réflexions sur l’art dramatique. On peut sourire de ces rêves illusoires de grandeur, des kilos de papier noircis durant tant d’années par ce noteur compulsif — qui couvrait de pattes de mouches ses cahiers, les marges de ses livres en cours de lecture, et jusqu’à ses bretelles. Mais Stendhal n’est pas le premier auteur à s’être d’abord mépris sur la vraie nature de ses dons. Et ce ne furent pas des années perdues. Sans le savoir, il était en train de forger ses outils de futur romancier. Et l’on voit bien ce qui, de ce savoir-faire théâtral même non payé de résultats, est passé dans ses romans : le sens de la scène frappante, des retournements rapides de situations, de l’interaction dynamique entre les personnages, le souci de peindre toujours les personnages en mouvement, la psychologie en action, qui donnent un tel allant à la Chartreuse, Lamiel ou Lucien Leuwen.


Vendredi 21 novembre 2014 | À la brocante | 1 commentaire